En France, l’inflation persiste. Avec un indice des prix à la consommation toujours supérieur à 3 % sur un an, les épargnants voient leur pouvoir d’achat s’éroder. Face à ce contexte, la diversification devient une nécessité. Or, actions et immobilier émergent comme les trois piliers pour protéger son capital. Mais comment les combiner efficacement ?
L’or : valeur refuge ou actif spéculatif ?
L’or reste l’actif refuge par excellence. En 2025, son cours a progressé de 12 %, portés par les tensions géopolitiques et la méfiance envers les monnaies fiduciaires. « L’or est une assurance contre la perte de valeur de l’euro », explique Thomas Durand, économiste chez GoldBroker. Pourtant, son rendement dépend largement des cycles économiques.
Deux façons d’investir :
- L’or physique (lingots, pièces) : sécurisé, mais avec des frais de stockage.
- Les ETF or (trackers) : plus liquides, mais exposés aux risques de marché.
Attention : L’or ne génère ni dividendes ni loyers. « Il ne faut pas en attendre un rendement régulier, mais une protection », précise Durand.
Les actions : miser sur les secteurs résilients
Contrairement aux idées reçues, certaines actions résistent à l’inflation. « Les entreprises capables de répercuter la hausse des coûts sur leurs prix – comme celles des secteurs de l’énergie, de la santé ou du luxe – surperforment en période inflationniste », analyse Claire Martin, gérante de fonds chez Amundi.
Trois critères pour choisir ses actions :
- Pouvoir de fixation des prix (ex : TotalEnergies, LVMH).
- Endettement maîtrisé (les taux hauts pénalisent les entreprises surendettées).
- Dividendes stables (les valeurs « dividend aristocrats » comme Sanofi ou L’Oréal).
« Une allocation de 30 à 40 % en actions diversifiées reste pertinente, même en inflation », ajoute Martin.
L’immobilier : un rempart contre l’érosion monétaire
L’immobilier, qu’il soit résidentiel ou locatif, offre une double protection :
- Effet de levier : Avec des taux d’emprunt encore attractifs (moyenne à 3,5 % en 2026), l’endettement reste un outil puissant.
- Indexation des loyers : « Les baux commerciaux et certaines locations résidentielles permettent de réviser les loyers à la hausse », souligne Pierre Lefèvre, notaire à Paris.
Deux options pour investir sans gérer :
- Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) : rendement moyen de 4,5 % en 2025, avec une fiscalité avantageuse après 8 ans.
- Les OPCI (Organismes de Placement Collectif Immobilier) : plus liquides, mais moins rentables.
« L’immobilier doit représenter 20 à 30 % d’un portefeuille diversifié », recommande Lefèvre.
La règle d’or : l’équilibre entre liquidité et sécurité
Aucun actif ne protège à 100 % contre l’inflation. « L’erreur serait de tout miser sur un seul support », avertit Claire Martin. Une répartition type pourrait être :
- 20 % en or (physique ou ETF).
- 40 % en actions (secteurs résilients + dividendes).
- 30 % en immobilier (SCPI, résidence principale).
- 10 % en liquidités (pour saisir les opportunités).
« L’inflation se combat avec de la patience et de la discipline », conclut Thomas Durand. « Diversifier, oui, mais sans panique. »
À retenir : En période d’inflation, la clé est de combiner actifs tangibles (or, immobilier) et actifs financiers (actions) tout en évitant les positions extrêmes. Un audit annuel avec un conseiller en gestion de patrimoine permet d’ajuster sa stratégie en fonction de l’évolution économique.