Le PER, l’atout fiscal sous conditions
Depuis la loi Pacte de 2019, le PER individuel a conquis les foyers cherchant à réduire leur impôt sur le revenu. Les versements volontaires sont déductibles du revenu global, dans la limite d’un plafond annuel (environ 10 % des revenus professionnels). Pour un contribuable imposé à 30 %, chaque euro versé lui en « coûte » réellement 70 centimes.
Mais attention :
- Les fonds restent bloqués sauf cas de sortie anticipée (invalidité, décès du conjoint, expiration des droits au chômage).
- À la retraite, le capital est imposé à l’impôt sur le revenu, sauf à opter pour une rente (soumise au barème). La sortie en capital bénéficie toutefois d’un abattement de 10 % sur la part correspondant aux gains.
Ce produit convient donc aux épargnants sûrs de ne pas avoir besoin de leur argent avant 15 ou 20 ans, et qui privilégient la défiscalisation immédiate.
L’assurance-vie, championne de la flexibilité et de la transmission
Contrairement au PER, l’assurance-vie n’offre aucun avantage fiscal à l’entrée. Mais elle compense par deux atouts majeurs.
- Accessibilité permanente : l’épargnant peut retirer tout ou partie de son capital à tout moment, sans justification. Seules les unités de compte supportent un risque de perte en capital, contrairement aux fonds euros.
- Transmission avantageuse : hors succession, jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire sont exonérés de droits de succession sur les primes versées avant 70 ans. Au-delà, un prélèvement de 20 % à 31,25 % s’applique. Après 70 ans, un abattement global de 30 500 € est partagé entre tous les bénéficiaires.
De plus, après huit ans de détention, les rachats bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les intérêts. La fiscalité de sortie devient ainsi très légère pour des retraits modestes et réguliers.
Comment choisir ?
L’arbitrage dépend de l’horizon et de l’objectif. Un jeune actif qui souhaite préparer sa retraite tout en réduisant son impôt immédiat privilégiera le PER. Un parent de plus de 50 ans voulant transmettre un capital net à ses enfants, tout en gardant la main sur ses économies, choisira l’assurance-vie.
Dans les faits, les deux enveloppes sont complémentaires. Une stratégie courante consiste à alimenter le PER jusqu’au plafond de déduction, puis à verser le surplus sur une assurance-vie, notamment pour sécuriser une épargne de précaution ou préparer une donation.